Le site web l’Odyssée acadienne est un bon début pour les personnes désireuses de s’initier à l’histoire de l’Acadie et du peuple Acadien. Nous avons reproduit l’information sur ce site web pour ceux qui n’auraient pas le temps d’aller sur ce lien et naviguer le site.

Acadie: l'origine du nom


Nous attribuons le nom Acadia ou Arcadia à l'explorateur italien Giovanni da Verrazzano (1485-1528) qui explora le littoral nord-américain au début du seizième siècle. Deux sources possibles expliquent le choix de ce nom. Certains prétendent que le nom vient des Amérindiens que Verrazzano rencontra lors de son voyage et qui répétaient souvent le mot Quoddy ou Cadie pour désigner le lieu qui les entourait. Une autre hypothèse veut que la beauté de l'endroit porta l'explorateur à se croire en Arcadie de l'ancienne Grèce, genre de paradis terrestre de l'Antiquité.

À l'époque de Verrazzano, l'Acadie comprenait tout le territoire depuis le New Jersey actuel jusqu'en Nouvelle-Écosse. En 1548, une carte géographique de Giacomo Gastaldi la situait près du Cap Cod au Massachusetts. Un peu plus tard, un autre cartographe italien, Bolognino Zalttieri, décrivait la Nouvelle-Écosse actuelle comme l'Acadie et ce soixante-dix ans avant que les Français désignent l'endroit ainsi. C'est en 1575 que l'historien français, André Thevet, changea le nom de nouveau à Arcadia.

La vie avant 1755


Au dédut de la colonisation acadienne, le souci majeur des deux premières générations fut la survie dans un environnement hostile. Les Acadiens subvenaient à leurs besoins en grande partie par la culture du sol, le commerce (parfois illicite) et la pêche. Mais, ces activités ne pouvaient à peine soutenir un mode de vie sain et plusieurs d'entre eux succombèrent à des maladies telles que le scorbut, la grippe ou l'insuffisance alimentaire.

Plus tard, les précieux conseils des Micmacs assuraient que l'acclimatisation à l'environnement nord américain se faisait plus facilement. Par contre, les générations subséquentes furent absorbées par la vie familiale, l'autosubsistance et la religion catholique, trois piliers de leur société rustique.

La majorité des Acadiens de la deuxième moitié de 18e siècle vivaient d'agriculture. Les terres fertiles de la vallé d'Annapolis produisaient de bonnes récoltes, mais le défrichement de ces terres exigeait un labeur qui taxait à la limite les ressources physiques des colons. Ils ont donc développé un système ingénieux pour assécher les marais salants. Les Acadiens construisaient des aboiteaux dont la fonction principale était d'empêcher l'inondation des prés par les grandes marées tout en permettant l'écoulement de la pluie accumulée sur ces 'terres basses'. Au centre de l'aboiteau se trouvait la digue construite de madriers, de branches et de pelouse. Un clapet inséré dans une dalle au milieu de cette digue était le mécanisme qui empêchait les marées de pénétrer le pré. Après un 'lavage' de quelques années par la pluie et la fonte de la neige au printemps, le marais déssalé devenait terre arable et donnait de riches récoltes, ce qui nous permet de supposer que les Acadiens ne connurent pas les ravages de la famine.

Le système des aboiteaux et des digues demandait beaucoup d'entretien et les travaux de construction et de réparation dépendaient de la communauté. Cette coopération entre les différentes familles était nécessaire pour réparer les défectuosités causées par les tempêtes, l'érosoin, voir même l'ennemi.

Pendant la première moitié du 18e siècle, le taux de natalité chez les Acadiens était assez élevé. Cette période de l'histoire acadienne (1713 - 1748) est connue comme étant l'âge d'or. Par contre, le taux de mortalité enfantile était bas à cette époque, ce qui fait que certaines familles pouvaient être assez nombreuses. Il arriva de trouver trois et quatre générations vivant sous le même toit.

À part ces liens de sang, la communauté acadienne se rapprochait par les liens du mariage. Peu portés vers l'exogamie, les Acadiens bâtissaient une communauté où chaque membre pouvait facilement se lier à plusieurs de ses voisins. Par exemple les Trahan se mariaient souvent avec les Granger, tandis que les Blanchard s'alliaient de façon habituelle aux LeBlanc. Dans une communauté si étroitement tissée, les mariages entre deuxièmes cousins étaient parfois prévus.

Lorsque les Acadiens se sont rétablis en Nouvelle-Écosse après la déportation, les liens familiaux et la religion catholique continuèrent de jouer un rôle central dans leur vie quotidienne. Leur attachement à la foi catholique et leur grand respect pour les membres du clergé de cette église furent sans conteste des caractéristiques marquantes de cette société tout au long du 19e siècle et pour une bonne partie du vingtième.

La période des déportations 1755-62


Les anneés 1755 à 1763 furent une période tragique pour les Acadiens car c'est pendant ce temps que les autorités à Halifax décidèrent d'enforcer les lois de banissement et d'exiler tous les Acadiens. Ces gens se vurent enlevés tous leurs droits et transportés sur des navires surchargés vers des destinations inconnues. Cet événement traumatisant marquait profondément le peuple acadien et les répercussions furent longtemps ressenties.

Après la chute de Beauséjour au printemps de 1755, les événements conduisant à la déportation progressèrent à un rythme accéléré. Les instances britanniques à Halifax refusèrent aux Acadiens l'utilisation de leurs armes et leurs embarcations, et au début de septembre 1755 le débâcle commença. Le 5 du mois, un vendredi, le lieutenant-colonel John Winslow réunissait les mâles de la région dans l'église de Grand-Pré pour leur lire l'édit de la déportation dont nous reproduisons un extrait:

J'ai reçu de Son Excellence le gouverneur Lawrence, les instructions du roi. C'est par ses ordres que vous êtes assemblés pour entendre la résolution finale de Sa Majesté concernant les habitants français de cette province de la Nouvelle-Écosse. . . Vos terres, vos maisons, votre bétail et vos troupeaux de toutes sortes sont confisqués au profit de la couronne, avec tous vos autres effets, excepté votre argent et vos mobiliers, et que vous-mêmes vous devez être transportés hors de cette province. Les ordres préemptoires de Sa Majesté sont que tous les habitants de ces districts soient déportés.

John Winslow - Acadie; Esquisse d'un parcours; Sketches of a Journey. p.52

Les promesses faites aux Acadiens qu'ils pourraient amener certaines possessions et que des familles entières s'embarqueraient sur le même navire furent vaines. Pour Lawrence, le but majeur était de vider la colonie de sa population franco-catholique, peu importe les conséquences sur les victimes. Dans une lettre adressée au colonel Robert Monckton, Lawrence fait preuve de son indifférence quant au sort des Acadiens:

I would have you not wait for the wives and children coming in but ship off the men without them.

Naomi Griffiths - The Acadian Deportation; Causes and Development, thèse de doctorat, p.176

Après l'embarcation, les ordres de Lawrence étaient de brûler les maisons et de s'emparer du bétail. De cette manière, les Acadiens réfugiés dans les bois n'auraient aucun recours à des sources d'approvisionnement et seraient dans l'obligeance de se livrer aux Britanniques. Aujourd'hui, le site de la déportation à Grand-Pré est marqué d'une croix commémorative.

En total, il est estimé que de dix à douze mille Acadiens furent déportés, emprisonnés ou réussirent à s'évader des autorités. Pour ceux qui s'échappaient, les conséquences étaient graves. Winslow avait prévenu les Acadiens que "if within 2 days the absent ones are not delivered up, military execution would be immediately visited upon the next of kin" (tiré de Dudley LeBlanc, The Acadian Miracle, p.174).

Les déportations subséquentes à 1755

Des Acadiens du Cap-Sable furent faits prisonniers durant des razzias britanniques en 1756, 1758 et 1759. Ils furent déportés soit à Boston, soit en France.

Après la chute de Louisbourg en 1758, 3,500 Acadiens furent déportés de l'Île Saint-Jean (aujourd'hui Île-du-Prince-Édouard) vers la France. Sept cents de ceux-ci périrent quand deux bateaux furent perdus en mer.

En 1762, les plans de déporter un groupe d'Acadiens au Massachusetts échouaient quand les autorités de cette colonie refusèrent aux exilés de débarquer. Ils furent retournés en Nouvelle-Écosse et il semble que cet événement fut un facteur dans la décision de cesser les déportations.

La vie des Acadiens depuis 1763


Le retour des Acadiens

La victoire des troupes britanniques à Louisbourg en 1758 et la capitulation du Québec l'année suivante marquaient la fin du régime français au Canada. Le Traité de Paris en 1763 entérinait ces victoires pour la Grande-Bretagne alors que la France ne retenait que les îles de Saint-Pierre et Miquelon.

Après 1764, les Acadiens exilés ainsi que ceux faits prisonniers en Nouvelle-Écosse ont reçu la permission des instances britanniques de recoloniser la province s'ils juraient l'allégeance et s'ils s'établissaient en petits groupes dispersés. La perte de leurs anciennes terres aux colons de la Nouvelle-Angleterre venus après 1760 à l'invitation de la Couronne britannique forçait les Acadiens d'occuper les régions côtières de la Nouvelle-Écosse tel qu'indiqué sur la carte ci-jointe. Les descendants de ses Acadiens revenus vivent encore en ces endroits.

La vie des Acadiens depuis 1763
  • Argyle (Comté de Yarmouth)
  • Clare (Comté de Digby)
  • Minudie, Nappan and Maccan (Comté de Cumberland)
  • Chéticamp (Comté d'Inverness, Cap-Breton)
  • Île-Madame (Comté de Richmond, Cap-Breton)
  • Pomquet, Tracadie, Havre-Boucher (Comté d'Antigonish)
  • Chezzetcook (Comté de Halifax)

L'identité au 19e siècle

C'est à l'occasion de leur deuxième convention nationale, tenue a Miscouche sur l'Île-du-Prince-Édouard en 1884, que les Acadiens des provinces maritimes ont choisi leur drapeau et leur hymne nationaux. Ils ont adopté les trois couleurs du drapeau français afin de démontrer qu'ils n'oubliaient pas de quel pays étaient venus leurs ancêtres. Ce qui distingue le drapeau acadien de celui de la France est une étoile (Figure de Marie), placée dans la partie bleue du pavillon, car la couleur bleue est symbolique de la Vierge Marie. Cette étoile, (Stella Maris) dont on en fait l'éloge dans l'hymne national acadien guide le peuple Acadien à travers les épreuves douloureuses.

L'étoile du drapeau porte la couleur papale en signe de l'attachement inébranlable des Acadiens à l'Église catholique romaine. En 1984, les Acadiens ont célébré le 100e anniversaire de l'événement qui, pour eux, symbolise leur émergence en tant que peuple.

L'identité acadienne aujourd'hui

L'identité acadienne demeure donc encore profondément touchée par les événements qui ont entouré la déportation. Par contre, il y a beaucoup plus que ce fait tragique. Nombreux sont les facteurs de l'identité acadienne qui avaient de l'importance jadis et qui en ont encore aujourd'hui. Durant l'âge d'or (1713 à 1748), les Acadiens avaient cultivé une indépendance remarquable. Ils attachèrent une fierté farouche à leur langue française, leur foi à l'Église catholique romaine, leur culture et leur travail. Plusieurs de ces éléments d'identité sont appréciés autant de nos jours que dans le passé. Voici des images contemporaines qui en disent beaucoup sur l'identité acadienne.

L'information sur cette page est copié du site web Acadian Odyssey

Dons
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