N.B. le document ci-dessous est reproduit tel qu’écrit.

Le cheval blanc à Armand

LeRouet-AlinedEntremont

La fileuse attache un bout d’écardon à la broche du rouet. Elle ajuste la corde qui passe sur la grande roue et sur une petite roue qui fait tourner la broche. D’une main elle fait tourner la grande un peu, et de l’autre main elle tire sur l’écardon dans le sens opposé de la broche. Les fibres sont tordues ensemble pendant que la fileuse tire sur la laine jusqu’à ce que ça donne la grosseur désirée pour le tricotage. Quand le bras de la fileuse ne peut plus aller plus loin, elle doit placer ce bout de laine sur la broche. Elle tire la laine vers elle-même en tournant la grosse roue dans la direction opposée, puis elle laisse la laine entourer la broche. Elle répète les mêmes actions. Quand le premier écardon est tout filé, elle ajoute un autre dont les fibres vont s’entremêler avec ceux du premier. Ceci ce continue jusqu’à ce que la broche ne peut plus tenir de laine.
La fileuse met alors la laine sur le travouil en comptant les tours afin de savoir quand elle en aura assez pour un écheveau.
Extrait de «Le rouet» écrit par Aline d’Entremont.

Dans une longue lettre adressée au président de la Société Historique du village, en date du 15 juin 1978, M. Wilfred d’Entremont, fils de défunt Jacques à Marc d’Entremont qui demeure aux États-Unis depuis 1920, se plaisait à rappeler des souvenirs d’autrefois lorsqu’il demeurait encore à Pubnico. Entre autres choses, M. d’Entremont disait:

GervaisdEntremont

Gervais Armand d’Entremont
né: le 14 septembre 1866
marié: le 7 février 1884
père: Gervais d’Entremont
mère: Françoise Amirault
Louis Boniface d’Entremont (son fils)
né: le 14 mai 1888
(Il parait avoir une dizaine d’années.)
Eléonice Elizabeth d’Entremont (son épouse)
née: le 12 Octobre 1846
décédée: 1938
père: Etienne Vincent d’Entremont
mère: Marie Elizabeth Amirault
Date de la photo, environ 1900.

Je me souviens de mon premier voyage en automobile, occasionné par la nécessité d’aller me faire arracher une dent chez le docteur Barton (Il possédait la seule automobile dans les environs).

Je me rappelle que notre vieille église fut démolie la même année que je commençai à aller à l’école.

Je me souviens de Magite à Paul qui faisait des couvertures à lit sur son métier.

Je me souviens que les mères de famille faisaient tous les vêtements pour la maison.

Je me souviens que lorsque les voiles de bâtiments devenaient usées et fragiles, les femmes les prenaient et les taillaient à la mesure de la «place» de la maison, puis les enduisaient d’une bonne couche de peinture pour en faire d’excellents «linoléums».

Dans ces temps-là on aimait à jouer des tours dans le voisinage, mais on ne s’acharna pas à briser le bien d’autrui.

Je me souviens, en particulier, du vieux cheval blanc à Armand. La pauvre bête un jour perdit «le goût du foin» et au cours de l’après-midi on traîna sa carcasse dans le parc voisin, avec l’intention d’en disposer le lendemain. Quelques jeunes gaillards des alentours, avant eut vent de ce triste trépas, allèrent trouver le cheval creuvé le soir, le redressèrent sur ses pattes, attendirent que le froid de la nuit eu fait son oeuvre pour le tenir sur ses pattes, puis le halèrent devant la grange. Le lendemain matin quand elle se leva, Mme d’Entremont (Léonice) crut voir une apparition. Elle cria à son mari: «Armand, Armand vient vite. Ton cheval est ressuscité et il est à la porte de la grange attendant pour entrer!».

Inutile de dire que ce dernier ne prit pas ça pour un beau jeu.

Dons
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