N.B. traduit du document original.

Le Chemin du Lac

Chemin du lac

Ici nous voyons des personnes en chemin à la maison au-dessus du Grand Lac de Pubnico congelé. Elles rentrent après avoir coupé du bois durant l’hiver.

(N.B. «Chemin du Lac» veut dire la région par laquelle court la route aussi bien que la route elle-même).

Le Chemin du Lac est la route qui branche de la route 103 à Pubnico Head, et que l’on doit suivre pour atteindre le Grand Lac de Pubnico, une distance d’environ quatre milles. Il y avait un temps où le territoire entourant ce lac, aussi bien que la terre le long de la route, était beaucoup une partie de l’économie des Pubnicos, en particulier de Pubnico-Ouest. Plusieurs des personnes vivant dans ce secteur général avaient obtenu des concessions de terre du gouvernement provincial où en hiver ils allaient couper leur bois de chauffage ou le bois de charpente requis pour construire leurs bateaux de pêche. De ce côté du lac, avant que vous soyez venus à la «landing», vous trouveriez une telle concession accordée à Cyrille Duon (orthographiée de cette manière à ce temps), Jacques d’Entremont, Dominique d’Entremont, François d’Entremont. L’autre côté du lac, vers le rivage au nord-est, d’autres lots de terres avaient été donnés à Guillaume d’Entremont, Cyriacque d’Entremont, André d’Entremont et Pierre Duon. En outre, autour des deux lacs Madashack, il y avait une certaine terre accordée à Joseph d’Entremont (depuis lors, beaucoup de ces derniers ont changé de noms). Il y avait autant de lots appartenant aux Anglais de Pubnico Head où certaines consessions avaient été accordées à John Larkin, John Carland, Jeremiah Murphy, Walter Larkin, James Larkin, David Larkin, Benjamin Larkin, Benjamin Goodwin, Ben Hamilton et d’autres.

 

Le Moulin

À l’endoit précis où le chemin rencontre le lac, encore appellé «La landing», une scierie se trouvait pendant de nombreuses années. Le premier propriétaire semble avoir été un certain Sutherland, probablement d’Argyle. Cette scierie a changé de mains plusieurs fois au cours de son histoire. Il semblerait qu’après Sutherland, les prochains propriétaires étaient deux fils de Mathurin d’Entrmont, Léo et Lin, qui à leur tour l’ont vendus à trois hommes de Pubnico-Ouest: David d’Entremont, Alfred Bourque et Philippe Doucet. Son dernier propriétaire fut Bill Seely d’Argyle.

Urb, Moulin

La scie était d’une grande utilité dans le village. Paul Joe était appelé à se rendre à domicile scier le bois de chauffage. La photo nous montre Urbain d’Entremont («Urb»), le fils de Paul Joe. Il est le quatrième de gauche à droite. Avec l’avènement de l’huile à chauffage, la scie n’avait plus son utilité. Aujourd’hui, cependant, le bois de chauffage est revenu à la mode, mais les tronçonneuses beaucoup plus maniables ont remplacé la scie mécanique d’autrefois.
Extrait de D’autres oubliés de notre patrimoine écrit par Roseline LeBlanc (p. 127).

La ceuillette des bleuets

Le Chemin du Lac a également été connu pour sa fertilité en bleuets. À l’entrer de la route, du côté gauche, était l’endroit connu sous le nom de «l’Habitation des Sauvages», bien qu’à ce temps là il n’y avait aucun Indien vivant là. En continuant un peu plus loin, du côté opposé de la route, on trouvait la «Rocky Hill» qui donnait une excellante cueillette. Pas trop loin de cet endroit, et du même côté de la route, une vieille route mennait à la «Ridge à Jones». Encore un peu plus loin, et également du même côté, se trouvait une région de terre étendue qui était très riche en bleuets. Ceci était à côté du village indien pricipal. Du côté gauche de la route près du village indien, on prenait une route rugueuse menant à une colline qui bordait un barrage où quelques Américains avaient préparé un morceau de terre marécageux, pour la culture des canneberges. (en français, ceci a été connu comme “La butte à dam”). Du côté gauche de la route en approchant le lac et près de chez la famille Robbins, était encore un autre bon secteur de bleuets.

bleuets

Au début du mois d’août 1930, vers les huit heures du matin, une vingtaine d’enfants se rassemblent avec chaque quelques paniers pour aller à la cueillette des bleuets («aller aux bleuets»). Ils commencent le voyage pour se rendre au terrain où pousse les bleuets, à une distance de presque sept milles. Enfin, deux heures après avoir quitté la maison, ils arrivent à ce terrain.
Les bleuets se trouvent un peu partout sur la Terre de la Couronne. Quand les paniers sont pleins, ou quand les enfants ont faim, ceux-ci se dirigent vers «la team»; comme ils appellent le chariot qui les transporte. Sur une feuille de papier, quelques adultes tiennent compte du nombre de pintes que chaque enfant rapporte pour les ajouter au nombre total de l’après-midi.
Après que tout est mangé et bu (l’eau d’une cruche est partagée par tous avec la même coupe en fer-blanc), ils répètent l’activité du matin. Toutes les mains et beaucoup de visages sont maintenant bleus.
Vers les quatre heures de l’après-midi, ils commençent le voyage du retour. Ils faisaient un arrêt chez Clarence Hamilton qui achetait leurs bleuets pour huit pièces de monnaie la pinte, et leurs fournissait les cageots et les pintes pour le lendemain.
Enfin, ils arrivent à la maison après avoir été quatre heures en chariot et cinq heures à la ceuillette des bleuets. Pour les enfants, c’était une bonne leçon de patience.
Extrait de «Une journée aux bleuets – circa 1930» écrit par Aline d’Entremont (pp. 38-9).

Ainsi, il y avait un choix tout à fait énorme d’espaces à cueillir. Il y a cinquante ou soixante années, c’était ici, le long du Chemin du lac, que la plupart des enfants de Pubnico-Ouest passaient les beaux jours des quatre ou cinq dernières semaines de leurs vacances d’été. Avec l’argent gagné, un bon nombre d’entre eux aideraient à acheter leurs livres d’école desquels ils auraient besoin venu septembre.

bleuets 2

C’est dans de telles charrettes, appelées «cabooses», que l’on se rendait à Greenwood et dans le Chemin du Lac pour faire la cueillette des bleuets.
Extrait de Histoires de chez-nous, faits et anecdotes d’un temps qui n’est plus écrit par Désiré d’Eon (p. 18).

Les Indiens

Mais pour les jeunes garçons, ce qui faisait le Chemin du lac un endroit spécial était le fait que les Indiens avaient vécu là. Ce n’était pas un grand village, peut-être même pas un village du tout, seulement quelques petits et humbles logements hébergeant quelques familles. D’où est-ce que ces Indiens venaient-ils et depuis quand avaient-ils vécu là? Personne ne semblait savoir. Une chose que nous savons maintenant, est qu’ils étaient ici longtemps avant la venue des européens et longtemps avant la fondation de Pubnico par Sieur Philippe d’Entremont en 1653.

Au passé et tant que maintenant, ils ont appartenu à la famille des Micmac (Micmac: du mot Miggaamack), une branche d’une famille plus nombreuse connue sous le nom d’Algonquin qui à l’heure de la colonisation du Canada étaient arrangés le long des rivages de la rivière Ottawa et du fleuve Saint-Laurent. La famille indienne principalement trouvée sur le Chemin du lac, pendant le 19e siècle au moins, semble avoir été les Gloades, ou Glodes, qui selon l’historien local, Père Clarence d’Entremont, devrait lire «Claude». En passant à travers les records de la paroisse de Pubnico-Ouest, on peut trouver au moins quatre membres de cette famille enterrée dans le cimetière de cette paroisse. Ils sont:

1910 – Jacob Glaude (ainsi écrit), fils de John Glaude, qui est mort le 15 janvier 1910.

1913 – Matthew Glaude, qui est mort le 30 avril 1913 à l’âge de 84.

1916 – Francissus Glaude, à moitié-Micmac, qui n’avait que sept mois lors de sa mort.

1930 – Marie Anne Catherine Glaude, épouse de Will Carty, qui est morte à l’âge de 70.

On peut encore trouver le nom Gloade dans le village de Millbrook, près de Truro, en Nouvelle-Écosse. Par exemple, nous savons que les vitrailles et les stations de la croix dans leur nouvelle église, construite dans 1986, ont été peintes par un certain James Gloade de ce village. On peut également trouver le nom Pictou.

Les Micmacs de la Nouvelle-Écosse sont divisés en plusieurs groupes. Un de ces groupes, connu comme la bande d’Acadia, compte environ 600 personnes, hommes, femmes et enfants, et comporte cinq réserves distinctes, qui sont: la réserve Gold River dans le comté de Lunenburg; la reserve Wild Cat Band dans le comté de Queens; d’autres dans le même comté sont appelées les Pond Hawks et le Midway; et finalement celle d’Acadia du comté de Yarmouth qui ne compte que 75 personnes. Ces détails extraits du Le Petit Courrier de la Nouvelle-Écosse le 19 septembre 1990 et donnés par Deborah Robinson, chef de la bande Acadia.

Naturellement, il y a beaucoup plus de réserves indiennes dans la Nouvelle-Écosse, la plus grande étant Askasoni, au Cap Breton, qui compte environ 3000 personnes. Toute la population de Micmac des provinces atlantiques serait à proximité de 30000.

La famille des Gloade, ou Glode
 

Il semble y avoir de la confusion quant à l’identité de l’homme qui a été considéré comme l’ancêtre immédiat des Gloades du côté ouest de la Nouvelle-Écosse. Dans ses notes, le Père d’Entremont donne le nom Samuel, ou Matthew, déclarant qu’il est né en 1829 et qu’il est mort en 1913 à l’âge de 84. Son épouse était Victoire Mery, fille de Joseph Mery. Elle a été née le 25 avril 1834 et est morte le 2 décembre 1918. Elle était la vieille indienne qui faisait de si beaux paniers. Nous avons toujours parlé du Vieux Johnnie Gloade et du Jeune Jonnie Gloade, son fils. Pourrait-il que ce soit Samuel, ou Matthew, qui était le père du vieux Johnnie?

En tout cas, selon le Père d’Entremont, Samuel et Victoire ont eu la famille suivante:

Jim qui a épousé Marie Gloade, fille de Pierre Gloade, le 11 mai 1976.

Pierre, né le 29 mars 1863.

Victoire Jeanne, née le 7 septembre 1875.

Christine qui est morte très jeune.

Marie Anne Catherine qui a épousé William James Carty, fils d’Etienne (Stephen) Carty et Marie Elizabeth Charles, le 28 août 1886. Marie Anne Catherine est morte le 16 mars 1930 à l’age de 70.

John Newell qui a épousé Marguerite Anne Robbins, fille de Henry Robbins, le 19 avril 1919. Cette famille, de celui qu’on avait nommé «Young Johnnie», s’est plus tard déplacée à Yarmouth où John est mort en 1959. À la mort de son épouse en 1966 il restaient six enfants vivant, qui étaient:

1) James, Saint Jean, N.B.
2) George, Yarmouth.
3) Katherine, Yarmouth.
4) Blanche, épouse de Stanley Surette, Yarmouth.
5) Marjorie, Yarmouth.
6) MARY, épouse de Harvey Nelson, Yarmouth.

 

D’autres Indiens vivant ici
 

A – Joe Pictou: il était le fils de John Pictou et de Mary Muise, selon le Père d’Entremont, et il a été né à North Range, comté d’Annapolis. Joe Pictou était le dernier Indien à faire sa maison le long du Chemin du Lac. Il est mort à Yarmouth où il a passé les dernières années de sa vie. Il n’était pas marié. Deux choses peuvent être dites en faveur de Joe Pictou: il était le meilleur coupeur de bois de les alentours et il a eu la réputation d’être un homme très honnête.

B – Matthew Francis: Matthew, duquel on ne connait pas trop, a eu une très jolie fille qui est devenue connue en tant que «The Lady of The lac». Elle a épousé un Américain riche.

C – John Francis: était le fils de Matthew.

D – Stephen Bartlett: Stephen a vécu 108 ans. Nous ne connaissons pas la date de sa naissance, ni celle de sa mort.

E – Deux jeunes filles indiennes: elles ont également vécu dans ce village dans le début des années 20s, une du nom d’Annie Pictou, l’autre appellée Annie Bartlett, mais plus souvent appelée Wabii. Nous ne savons pas si elles étaient liées aux autres familles indiennes.

Il y avait d’autres personnes qui avaient également faites leurs logis dans ce petit village pendant plusieurs de ces années, mais ces gens n’étaient pas des Indiens. Ceux-ci inclurent:

a) John et Dennis Mery qui étaient vraiment de descendance française. Leur ancêtre était Jean-Marie Blanchard qui est venu à ce pays dans la première partie du 19e siècle. Selon le Père d’Entremont, il s’est premièrement établi à Abbott’s Harbour et s’est ensuite déplacé au Cemin du Lac. Le nom Mery a été donné à la famille par la prononciation en anglais de «Marie» (Jean-Marie). Les Anglais également écrivent «Murray».

b) Il y avait également un homme vivant tout seul qui s’appelait Eleazer Seeley et évidemment les Carty et les Robbins déjà mentionnés.

(N.B. plusieurs noms anglais sont épelés en français parce que le prêtre qui baptisait les gens à l’Église Saint-Pierre de Pubnico-Ouest écrivait leurs noms dans sa langue principale, écrivant Jean au lieu de «John», Etienne au lieu de Stephen, etc..

Conclusion
 

Le Chemin du Lac, c’est-à-dire la route elle-même, est encore où elle a été pendant plus de deux cents ans, mais il n’y a rien qui reste pour rappeller aux gens ce qu’elle a représentée. Le petit village indien, avec ses personnes et ses logements humbles, n’est plus. De même pour la scierie. Maintenant que l’électricité et l’huile sont devenues les agents comburants populaires, le bois de chauffage est une chose du passé. On peut encore aller à la ceuillette de bleuets pour la consommation personnelle, mais il n’y a plus une industrie. Nous espérons que ces notes dispersées, assemblées du mieux possible, serviront à préserver au moins une petite partie de l’histoire du passé. Cette histoire aurait dû avoir été écrite il y a cinquante ans, quand il y avait des personnes qui se rappeleraient de ces choses.

Aujourd’hui le Chemin du Lac n’est utilisé pour atteindre qu’un but et un objectif seulement: lens gens doivent l’employer pour y arriver aux quarante petites cabanes qui rayent les rivages du lac et qui appartiennent aux familles de Pubnico-Ouest.

Dons
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