N.B. le document ci-dessous est reproduit tel qu’écrit.

 

La maison à Bourgeois

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À la côte de la Baie-aux-Homards, au bout du Chemin-des-Mink, alias des égouts (du «Sewer»), d’environ 300 à 400 pieds au nord (91 à 122 mètres), il y avait cette grosse roche, qui a été brisée pour adapter au collecteur d’égout. Raphael Bourgeois avait sa maison-même à 1500 pieds (à peu près 457 mètres) de la côte. Le puits y est encore.
Extrait de Histoire civile de Pubnico-Ouest écrit par Père Clarence J. d’Entremont (p. 70).

Dans la partie sud du village de Pubnico-Ouest, un peu à l’ouest de chez Étienne à Mandé d’Entremont, on trouve encore aujourd’hui, dans les broussailles, un vieux puits qui marque l’endroit où était «La maison à Bourgeois». Ce puits se trouve sur la terre de Théophile d’Entremont et maintenant est tout rempli de roches.

La maison à Bourgeois, si elle existait encore, daterait probablement de 1830, ou à peu près, car elle fut bâtie par Anselme Sulpice d’Entremont, dont la date de naissance est fixée au 29 janvier 1809. Anselme était fils d’Hilaire d’Entremont. La maison où est né Hilaire est maintenant occupée par Levy à Germain d’Entremont, et sa famille comprenait:

Pierre, né le 20 septembre 1801.
Elisabeth, née le 26 juin 1803.
Françoise, née le 10 janvier 1805.
Sylvain, né le 9 octobre 1807, l’ancêtre des d’Entremont de Meteghan River au Comté de Digby.
Anselme Sulpice, né le 29 janvier 1809.
Jean (John), né le 27 novembre 1812.
Catherine, née le 16 janvier 1815.
Marguerite, née le 8 décembre 1818.
André, père de Germain, né en janvier 1821.
Jacques, né en avril 1823.

Anselme Sulpice épousa Marie d’Entremont, fille de Joseph Elie d’Entremont. C’était donc une soeur de Georges, qu’on appelait Yioil, le mot acadien pour «Ouch». C’était aussi la soeur d’Athanase, le père de Fidèle, et de Patrice, père de Luxime (Tim à Pat). Anselme mourut assez jeune et quelques années plus tard son épouse Marie se remaria à Raphael Bourgeois, originaire du comté de Kent au Nouveau-Brunswick. On ne sait pas trop pourquoi ce monsieur était venu à Pubnico. Il fit la pêche pour quelque temps; fut aussi maître d’école. On dit même qu’il «tint école» dans la maison de Michel d’Entremont, au centre du village. Une fois épousé à Marie d’Entremont, il alla demeurer avec elle dans sa maison et c’est de ce pas qu’on commença à appeler cette demeure La maison à Bourgeois.

On n’en connaît pas exactement la date, mais par un beau jour cette maison tomba à la proie des flammes, et la tradition a toujours maintenu que le feu avait été mit par une voisine qui avait perdu l’esprit. Cette femme, parait-il, était Madeleine à Paul Duon, qui demeurait non loin de là. Paul était le deuxième fils d’Abel Duon, l’ancêtre des Duon de Pubnico. Le premier fils s’appelait Augustin. Paul était né à Medfield, Mass., au temps de la Dispersion, vers l’année 1760, et avait épousé Victoire Boudreau. Il eut onze enfants dont voici les noms:

Marie, qui épousa Marc Saulnier, au comté de Digby.
Céleste, qui épousa Ange Saulnier, au comté de Digby.
Rosalie, qui épousa Archange Surette.
Joseph, qui épousa Perpétue Amirault.
Cyprien, qui épousa Thècle d’Entremont.
Cyrille, qui épousa Élisabeth d’Entremont.
Gabriel, qui épousa Ursule Surette, soeur d’Archange.
Marc et Simon, morts jeunes.
Marguerite, non mariée.
Madeleine, née en 1816.

 

Joseph était le père d’Eustache, Volentain, etc.. Cyprien était le père de Louis à Thècle, Paul, Zacharie et Pierre (Pierrot). Cyrille et Gabriel s’étaient établi au nord du village, non loin de l’endroit où leur grand-père Abel avait sa maison. Le premier adopta Marc Abel Surette, l’autre adopta Liguori Surette, deux frères.

Le Père Clarence d’Entremont dit qu’une fois que Raphael eut perdu sa maison il obtint un morceau de terre de son beau-frère Georges pour y construire sa nouvelle maison. Cette maison devint plus tard la propriété de Nicolas d’Entremont, occupée dans la suite par la fille de celui-ci, Annie.

À ce que l’on sait, Raphael Bourgeois n’était qu’un homme de moyen ordinaire. Pourtant, pendant qu’il était encore à Pubnico, une rumeur se répandit qu’il avait trouvé quelque part une grande somme d’argent et qu’il était devenu riche. Certains ont prétendu que cet argent avait été trouvé dans un bateau qui avait fait naufrage à la côte non loin de chez-lui. On dit même qu’une voisine, entrant un jour chez madame Bourgeois, la trouva occupée à pendre des billets d’argent sur une corde dans la cuisine pour les faire sécher. Y eut-il jamais un fond de vérité à cette histoire? Personne ne le saura jamais. Toujours est-il que, riche ou pauvre, après un certain nombre d’années passées à Pubnico, Raphael Bourgeois quitta sa paroisse d’adoption et s’en alla demeurer à Yarmouth où il se fit courtier en finance («Real Estate Broker») et où il passa le reste de sa vie.

À propos de sa famille, le Père Clarence dit encore que selon la vieille Catherine à Mandé d’Entremont, qui était renommée pour son excellente mémoire des choses du passé, les Bourgeois auraient perdu un fils et une fille atteints de «fièvres» et qu’une autre fille se serait mariée à la Baie Saint-Marie. De cela on n’est pas certain. Ce que l’on sait pour certain, toutefois, c’est que la famille comptait en réalité deux filles dont les noms restent bien connus. L’une s’appelait Emelie et épousa Louis à Léon Pothier de Belleville, et l’autre était Elisabeth qui épousa Lévi Robichaud de Yarmouth.

Emelie et Louis étaient les parents de Nelson et Evée Pothier qui pour plusieurs années eurent un marché de poisson à Yarmouth. Il y avait aussi un autre garçon, Pierre, et une fille, Emma. Celle-ci épousa un certain Dwyer de New York qui fut pendant quelque temps chef de police de cette grande ville.

Quant à la seconde fille des Bourgeois, on possède plus de détails à son sujet pour la simple raison qu’on trouve de sa descendance ici même à Pubnico. Tel que déjà mentionné, à cette époque, vivait à Yarmouth un autre citoyen originaire du Nouveau-Brunswick. Il s’appelait Lévi Robichaud et il venait du village d’Inkerman, dans la région de Caraquet. On dit qu’à son arrivée à Yarmouth, il fit d’abord la pêche, puis devint ensuite marchand. Il avait un magasin d’agrès de pêche et fournissait les pêcheurs des alentours. C’est lui donc qui épousa Elisabeth, la seconde fille de Raphael Bourgeois. De ce mariage il eut deux filles: Elisabeth qui épousa William Surette de Yarmouth, et Nellie, qui devint l’épouse de J. Octave d’Eon, de Pubnico-Ouest, alors maître d’école à Yarmouth. Comme on le sait, Octave et Nellie étaient parents de Leonard, qui est mort il n’y a pas très longtemps, et Catherine (Kate) qui a épousé Elmer d’Eon du même village.

Kate a de la parenté encore à Inkerman au Nouveau-Brunswick et l’un d’eux lui a fourni les renseignements que voici sur la famille Robichaud:

1) Le premier de ce nom à venir au Canada s’appelait Louis. Il était né en France en 1609. Jeune homme, il vint au Canada, mais il mourut peu après à Québec (en 1649).

2) Son fils Etienne, né en France également, s’établit à Port Royal où il mourut en 1686.

3) Le fils d’Etienne, Charles, né à Port Royal en 1667, eut une famille de 17 enfants.

4) Un de ceux-ci, Joseph, né à Port Royal en 1704, épousa Magdeleine Bourg et alla s’établir dans la région de Truro (alors appelée Cobequid). En 1755 il fut déporté en Angleterre, y passa quelque temps en prison, puis traversa en France où il mourut en 1758, de chagrin, dit-on.

5) Son fils, Isidore, né à Cobequid en 1749, fut aussi transporté en Angleterre avec ses parents. Rendu en France, il épousa dans la suite Marguerite Boudreau. Plus tard, les deux émigrèrent au Canada et en 1793 on les trouve à Inkerman où ils élevèrent une famille de 10 enfants.

6) Leur fils Jean, né en 1773, épousa Marie Bourgeois de Memramcook. Les deux s’établirent à Inkerman. Ils eurent une famille de 12 enfants.

7) Leur fils David, né en 1821, épousa Marie Brideau. Ils eurent également 12 enfants.

8) Et c’est de leur fils, Lévi, né en 1847, qui vint s’établir à Yarmouth en Nouvelle-Écosse, où il épousa Élisabeth Bourgeois, fille de Raphael. Lévi mourut à Yarmouth an 1918 à l’âge de 70 ans, son épouse l’ayant précédé à la tombe de plusieurs années. (Le 24 novembre 1908, Lévi avait épousé en secondes noces Elisabeth LeBlanc de Yarmouth qui après la mort de son mari Lévi se maria à Philippe Surette de l’Île Surette).

Dons
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