N.B. le document ci-dessous est reproduit tel qu’écrit.

La famille «Moff», ou Bertrand

Dans le numéro de septembre 1985 du Bulletin de la Société Historique de Pubnico-Ouest, le Père Clarence d’Entremont parle de plusieurs Français qui, au temps de la révolution française et des guerres de Napoléon, s’échappèrent de la France et finirent par s’établirent dans notre région de la Nouvelle-Écosse. Or au nombre de ces émigrés était un certain Étienne Bertrand que l’on peut appeler l’ancêtre des Moff de Pubnico. Voici ce que le Père d’Entremont a écrit à ce sujet:

Dans les registres paroissiaux, son nom (celui d’Étienne) est écrit Maphre ou Maffre. Mais à Pubnico, où il s’établit, on a toujours donné à la famille le nom de «Moff». Le vrai nom était Bertrand. À Pubnico-Ouest, il s’installa dans la région du Quoggueniche.

Il avait épousé Anastasie Clermont, fille de Paul, de la région de l’Île Wilson, entre Wedgeport et l’Île-à-Morris.

Je ne sais d’où il venait. Français évidemment, le Père Sigogne dit qu’il était un soldat qui avait été fait prisonnier et qui s’était échappé. Il y avait des Bertrand à la baronnie de Pubnico (Pobomcoup) avant la Dispersion. Je ne sais s’il était un des descendants. Cette famille n’avait pas la meilleure des réputations à Pubnico où le mot «follerie» a fini par être substitué par le mot «mofferie», qui est encore très courant.

Des membres de cette famille se sont rendus à la Baie Saint-Marie, dont Anne Moff, qui a épousé à Meteghan en 1879 Marc Thériault. Avant elle, il y a eu Joseph Moff, fils de Basile à Étienne, de Pubnico, qui a épousé, encore à Meteghan, la veuve Deveau, 20 ans plus âgée que lui. On a dit qu’elle l’avait épousé parce qu’il était un bel homme; lui, il l’avait épousée parce qu’elle avait de l’argent. Il alla à Meteghan probablement parce qu’il aurait été employé par Sylvain d’Entremont (originaire de Pubnico). Il demeura d’abord chez Sylvain d’Entremont. Ensuite il alla demeurer au centre de Meteghan, en face presque du moulin Robichaud.

Son épouse étant décédée vers 1893, il alla demeurer chez Léander Comeau à P’tit Jean. Il est décédé vers 1912, a l’âge de 86 ans environ.

Ils avaient adopté Marie-Elisabeth Thériault (à Augustin à Longtôt), que j’ai rencontré en 1965 à Lynnfield, au Massachusetts; elle était âgée alors de plus de 80. Elle n’avait que des paroles de louange pour les Moff. Les Moff ne devaient donc pas être tous détestables. Il n’en reste plus actuellement.

La famille Maffre
(ou moff)
 

Cette famille était un peu de partout. Pour ce qui se rapporte à Wedgeport, lire le passage suivant écrit par le Père Clarence d’Entremont et reproduit dans le livre «Les familles du Bas-de-Tousquet» (p. 207):

Benjamin Maffre, dit Borchum, du Cap-des-Corporon, était fils d’Étienne Maffre et d’Anastasie Clermont qui s’installèrent d’abord à la Pointe-du-Sault ou bien à l’Île Surette, avant de s’établir à Pubnico-Ouest. Ce couple eut douze enfants qui s’éparpillèrent dans presque tous les centres acadiens du temps au comté Yarmouth, et jusqu’à la Baie Sainte-Marie.

Celui qui nous intéresse ici, dit Père Clarence, c’est-à-dire Benjamin Maffre du Cap-des-Corporon, étant l’un des plus aînés de la famille, avant de s’établir au Bas-de-Tousquet, se trouvait en 1816 à côté de son père, soit à la Pointe-du-Sault, soit à l’Île-Surette. Il se maria trois fois: premièrement, le 23 novembre 1812, à Anne Doucet, fille de Magloire Doucet; deuxièmement, le 4 octobre 1825, à Rosalie Dulin, fille de Louis Dulin de Quinan (cette Rosalie Dulin fut le premier enfant baptisé par le Père Sigogne à son arrivée au sud-ouest de la Nouvelle-Écosse); elle est décédée quatre mois après son mariage, le 7 février 1826); troisièmement, le 4 octobre 1830, à Madeleine Corporon, fille d’Abraham Gilbert Corporon.

Cette famille Maffre a complètement disparu. On rencontre le nom pour la dernière fois, sous la forme de Bertrand, dans les registres de la paroisse Saint-Ambroise de Yarmouth et dans ceux de Saint-Michel à l’occasion du décès, à Yarmouth, le 15 janvier 1922, d’Elisabeth Bertrand (à Benjamin), âgée de 95 ans. La dernière survivante de cette grande famille fut Marguerite Bertrand, décédée le 20 avril 1935.

Dons
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