Sieur Philippe Mius d’Entremont

Baron de Pobomcoup

Philippe Mius d’Entremont, né en 1609, était originaire de la Normandie, France, et avait épousé Madeleine Hélie, très probablement de la Normandie également. En 1651, accompagné de sa femme et de leur jeune fille, Marguerite, il vint en Acadie avec Charles de Saint-Etienne de La Tour pour être son major-général. Deux ans plus tard, le 17 juillet, 1653, pour être exact, Charles de La Tour lui concéda un terrain du côté Est du havre de Pubnico qui «mésurait une lieue de large le long de la côte et quatre de profondeur», en allant à l’intérieur des terres. Celui-ci fut appelé la Baronnie de Pobomcoup.

Un an après la fondation de cette baronnie, en 1654, le major Robert Sedgewick de Massachusetts fit sa passée en terre acadienne, s’emparant d’abord du fort de La Tour à Saint-Jean et faisant prisonnier La Tour lui-même, puis ravageant les postes de Port-Royal, Pentagoët et La Hève, mais non celui de Pobomcoup. Pendant cette occupation Anglaise qui dura jusqu’au traité de Bréda en 1667, on n’entendit plus parler de Philippe Mius d’Entremont avant le recensement de 1671 où on le trouve à Pobomcoup avec sa famille qui compte maintenant quatre enfants de plus, à savoir Jacques, Abraham, Philippe et Madeleine. Le recensement précise que le chef de famille Mius-d’Entremont possède six arpents de terre en labour, 26 bestiaux à cornes, 29 brebis, 12 chèvres et 20 cochons.

En 1670, Philippe d’Entremont est nommé procureur-général du roi en Acadie, fonction qu’il exerça pendant 18 ans. Comme tel, il devait suivre le gouverneur là où il allait. Voilà pourquoi, en 1678, on le trouve avec sa famille à Port-Royal. L’année suivante, il est à Beaubassin où réside le nouveau gouverneur de l’Acadie Michel le Neuf, sieur de la Vallière, qui commandait alors. En 1684, François-Marie Perrot est nommé gouverneur et vint faire sa résidence à Port-Royal où Philippe le suivit. Enfin, en 1687, Perrot est remplacé par Menneval et le procureur est remplacé également. Philippe se retira sans doute à Grand-Pré où demeurait sa fille Marguerite et c’est probablement là qu’il mourut en 1700. Son épouse l’avait précédé à la tombe de 25 à 30 ans.

Par ce que l’on vient de dire, il est facile de voir que le baron Philippe d’Entremont ne passa qu’une partie de sa vie à Pubnico, c’est-à-dire jusqu’à vers l’année 1670. Son fils ainé, Jacques, dut donc prendre charge de ses biens après cette date puisque ses deux autres fils n’habitaient pas à Pubnico; le premier, Abraham, était installé à Port-Razoir, vers le Shelburne d’aujourd’hui, et le second, Philippe II, demeurait à La Hêve où il avait épousé une indienne. (Abraham avait des enfants, mais tous moururent jeunes, à l’exception d’une fille.)

C’est probablement Jacques qui construisit le manoir, ainsi que le moulin à farine qui se trouvait non loin du manoir. C’était probablement lui aussi, dit le Père Clarence d’Entremont, qui a été le premier à attirer un nombre d’Acadiens, principalement de Port-Royal, dont l’un d’eux, Pierre Landry, épousa sa fille Marguerite.

Léander d’Entremont décrit sa recherche dans une lettre à Eugène à Hilaire.

Dons
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