Musée des Acadiens des Pubnicos et Centre de recherche
LA PÉRIODE DES DÉPORTATIONS 1755-1762


Les anneés 1755 à 1763 furent une période tragique pour les Acadiens car c'est pendant ce temps que les autorités à Halifax décidèrent d'enforcer les lois de banissement et d'exiler tous les Acadiens. Ces gens se vurent enlevés tous leurs droits et transportés sur des navires surchargés vers des destinations inconnues. Cet événement traumatisant marquait profondément le peuple acadien et les répercussions furent longtemps ressenties.

Après la chute de Beauséjour au printemps de 1755, les événements conduisant à la déportation progressèrent à un rythme accéléré. Les instances britanniques à Halifax refusèrent aux Acadiens l'utilisation de leurs armes et leurs embarcations, et au début de septembre 1755 le débâcle commença. Le 5 du mois, un vendredi, le lieutenant-colonel John Winslow réunissait les mâles de la région dans l'église de Grand-Pré pour leur lire l'édit de la déportation dont nous reproduisons un extrait:

J'ai reçu de Son Excellence le gouverneur Lawrence, les instructions du roi. C'est par ses ordres que vous êtes assemblés pour entendre la résolution finale de Sa Majesté concernant les habitants français de cette province de la Nouvelle-Écosse. . . Vos terres, vos maisons, votre bétail et vos troupeaux de toutes sortes sont confisqués au profit de la couronne, avec tous vos autres effets, excepté votre argent et vos mobiliers, et que vous-mêmes vous devez être transportés hors de cette province. Les ordres préemptoires de Sa Majesté sont que tous les habitants de ces districts soient déportés.

(citation de John Winslow dans : Acadie; Esquisse d'un parcours; Sketches of a Journey. p.52)

Les promesses faites aux Acadiens qu'ils pourraient amener certaines possessions et que des familles entières s'embarqueraient sur le même navire furent vaines. Pour Lawrence, le but majeur était de vider la colonie de sa population franco-catholique, peu importe les conséquences sur les victimes. Dans une lettre adressée au colonel Robert Monckton, Lawrence fait preuve de son indifférence quant au sort des Acadiens: "I would have you not wait for the wives and children coming in but ship off the men without them." (tiré de Naomi Griffiths, The Acadian Deportation; Causes and Development, thèse de doctorat, p.176).

Après l'embarcation, les ordres de Lawrence étaient de brûler les maisons et de s'emparer du bétail. De cette manière, les Acadiens réfugiés dans les bois n'auraient aucun recours à des sources d'approvisionnement et seraient dans l'obligeance de se livrer aux Britanniques. Aujourd'hui, le site de la déportation à Grand-Pré est marqué d'une croix commémorative.

En total, il est estimé que de dix à douze mille Acadiens furent déportés, emprisonnés ou réussirent à s'évader des autorités. Pour ceux qui s'échappaient, les conséquences étaient graves. Winslow avait prévenu les Acadiens que "if within 2 days the absent ones are not delivered up, military execution would be immediately visited upon the next of kin" (tiré de Dudley LeBlanc, The Acadian Miracle, p.174).

Les déportations subséquentes à 1755

Des Acadiens du Cap-Sable furent faits prisonniers durant des razzias britanniques en 1756, 1758 et 1759. Ils furent déportés soit à Boston, soit en France.

Après la chute de Louisbourg en 1758, 3 500 Acadiens furent déportés de l'Île Saint-Jean (aujourd'hui Île-du-Prince-Édouard) vers la France. Sept cents de ceux-ci périrent quand deux bateaux furent perdus en mer.

En 1762, les plans de déporter un groupe d'Acadiens au Massachusetts échouaient quand les autorités de cette colonie refusèrent aux exilés de débarquer. Ils furent retournés en Nouvelle-Écosse et il semble que cet événement fut un facteur dans la décision de cesser les déportations.

L'information sur cette page est copié du site web Acadian Odyssey

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